lundi 12 mai 2008

Ce garage en forme de temple bouddhiste se nomme Désir

Dans un bouge du quartier, Calvin et Luther accoudés au bar (acajou) (incrustation de dollars). En face d'eux, une gamine asiatique chante un air connu. Ses jambes fines de sauterelles traînent de longs filaments de matière synthétique. A l'autre bout, la serveuse impatiente. Il est dix-huit heures et la ville sombre.

Luther : de certaines existences particulières…

Calvin : Crypt, la vie est toujours mal pensée avant d’être vécu. Rengaine pour vieille suie...

Luther : de certaines existences…

Calvin : bien sûr, l’homme libre suscite fatalement la haine des barbares (son gentil petit cul, c’est une rondelle de couvre-feu dans un mois d’août).

Luther : mais quel est ton bouquin ?

Calvin : s’armer de confiance, croire en l’avenir et au bonheur : ce sont les deux dizaines de crachats entassés par des générations successives, invariablement mortes d’ailleurs.